(Agence de presse panafricaine) -Entre joie et tristesse, le Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara a annoncé son intention de ne pas briguer un troisième mandat, afin de laisser la place aux jeunes capables de continuer la modernisation entamée du pays. Autant dire que cette annonce semble être une surprise générale pour l’opinion nationale et internationale. Cette déclaration s’est tenue le jeudi 5 mars 2020 devant 352 parlementaires réunis en Congrès dans l’amphithéâtre de la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro. Toutefois, elle reste incompréhensible connaissant le fort côté « pourvoiriste » de nos dirigeants africains, au point où les partis politiques de l’opposition et les revendications diasporiques montent au créneau pour exiger le retrait obligatoire des chefs d’Etat qui ont modifié la constitution nationale pour se représenter aux élections présidentielles à venir.

Pour bon nombre d’Ivoiriens, la déclaration du Président Ivoirien a mis en avant l’unité nationale et la réconciliation, la consolidation de la paix. Il a agi avec beaucoup de responsabilités. C’est une grande leçon qu’il donne à la classe politique nationale. Pour d’autres personnes, il subirait des pressions aussi bien internes et externes, mais la thèse la plus plausible reste son état de santé qui semble se dégrader pour assurer pleinement la fonction présidentielle. Toujours est-il que le Président Ivoirien compte certainement jouer le trouble-fête lors de l’élection d’octobre 2020 pour faire gagner un membre de son parti politique le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). C’est ainsi que tous les regards se tournent vers le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, homme de confiance du Président Alassane Dramane Ouattara. Toujours est-il qu’au sein du RHDP, la lutte au pouvoir s’annonce ouverte depuis le retrait du Président du parti en l’exemple du Ministre des Affaires Etrangères Marcel Amon-Tanoh et du Ministre de l’Enseignement Supérieur  Albert Mabri Toikeusse.

Et puis, il y’a ceux qui ne se sont toujours pas prononcés en tête desquels le Ministre de la Défense Hamed Bakayoko qui lui est populaire et moins technocrate que le Premier ministre. En effet, Amadou Gon Coulibaly n’est pas encore populaire même dans son propre camp. Pourtant, il occupe de plus en plus la scène politique par de nombreuses inaugurations pompes villageoises, écoles voire transformateurs électriques depuis sa nomination.  Face à ces agitations présentes et à venir, le RHDP doit maintenant lancer le processus de désignation du candidat. Y’aura-t-il des primaires ? Une chose est sûre la simple présence de Henri Konan Bédié, de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro lors de la présidentielle du 31 octobre 2020 annonce une véritable lutte du pouvoir sans merci, le tout sans compter d’autres hommes de l’ombre qui ne disent pas encore mot aujourd’hui.


Franck Elmer Essono Edoh

Sociologue et Consultant indépendant en développement des territoires

 

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