Vœux

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Vigilance autour de la menace terroriste

Sacrifiant à un rituel annuel, Paul Biya a répondu aux vœux du Doyen du Corps diplomatique, en relevant la nécessité du renforcement de la mutualisation  des forces de défense pour taire la menace terroriste portée par l’intégrisme islamiste. En somme, il s’agit de réactiver cette solidarité agissante fortement érodée par la propension dominante à l’individualisme des états africains en une sorte de mimétisme béat des anciens colons européens.

Des colons qui engagés dans une bataille sans fin d’intérêts en arrivent à ignorer l’impératif de promouvoir la paix en alimentant des tensions perpétuelles dans diverses régions du globe et bien évidemment en Afrique où sont de plus en plus actives des cellules djihadistes au nord de l’Afrique et dans la bande sahélienne. Et c’est fort à propos qu’il dira : «Bien que tenues en échec militairement, celles-ci conservent une forte capacité de nuire à divers pays africains. Le Cameroun en a fait l’amère expérience dans sa lutte contre Boko Haram. Repoussé hors de nos frontières, ce mouvement terroriste ne représente plus qu’une menace résiduelle qui nous oblige cependant à rester très vigilants. C’est pourquoi nous maintiendrons une étroite coopération avec les pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad qui se sont engagés, fin novembre à Ndjamena et mi-décembre à Abuja, à ne pas baisser la garde».

Pourfendre les conflits armés

Fort de ce qui précède, il est clair que le continent subit une prolifération de conflits armés qui n’autorisent guère l’épanouissement de celui-ci, alors même que les enjeux pluriels qui l’interpellent exigent un environnement pacifié et propice à la création de richesses indispensables pour asseoir son développement socioéconomique et son ancrage démocratique desservi jusqu’alors par des revendications inhérentes au partage inéquitable de richesses et, partant, du pouvoir. Toutes choses du reste héritées de la remise en cause de l’équilibre réalisé après la Seconde Guerre mondiale et la fin de la guerre froide, doublées d’une démission de fait de l’Organisation des Nations Unies et son Conseil de Sécurité qui devraient en être les garants. Dans cette optique, on comprend qu’en marge de la régression substantielle des conflits armés, l’on assiste que de nombreux pays soient parvenus à la souveraineté, pour vivre en paix et engager des processus de développement probants. Suffisant pour accélérer le processus de mondialisation des échanges. Mais avec l’exacerbation des nationalismes on est vite retombé dans les travers de naguère portés par une double contestation : celle du multilatéralisme, incarné par l’ONU, accusé notamment de sacrifier les intérêts nationaux au bénéfice de causes prétendument «discutables», comme la lutte contre le réchauffement climatique et celle aussi de la mondialisation à qui il est reproché d’avoir favorisé les délocalisations et le dumping et, par là même, d’avoir dégradé le patrimoine industriel de certains pays du continent.

Atrophie interpellatrice

Dans un tel contexte, on en vient à craindre une atrophie induite des économies africaines déjà fortement dépendantes des appoints extérieurs et donc porteuse d’une compromission de notre volonté manifeste de développement. Raison pour laquelle la solidarité agissante devrait s’étendre à la quasi-totalité des secteurs de la vie de nos états, afin que ceux-ci fassent bloc et constituent dès lors des entités moins enclines à céder aux manœuvres sommes toutes répréhensibles des puissances occidentales plutôt déterminées à nous asphyxier quand bien même certaines desdites puissantes sont plutôt favorables à la liberté des échanges, sans que l’on puisse dire pour autant que la question du protectionnisme induit est réglée. Plus grave, en transposant cette pratique malveillante au plan politique, ces mêmes puissances semblent nous imposer une approche diplomatique différenciée exaltant non plus le paternalisme jusqu’alors dominant pour l’avènement effectif du partenariat gagnant-gagnant. Fort heureusement, la dislocation de l’Union européenne en proie à un doute identitaire qui compromet bien évidemment la mise en œuvre de grandes décision planétaires à l’instar de celles relatives à la gestion de l’environnement à travers les récentes conférences sur le réchauffement climatique pour lequel le continent doit bénéficier de ressources financières conséquentes pour perpétuer un équilibre en la matière. Et entre impératif de préservation des intérêts géostratégiques des uns et velléités d’annexion des autres, l’on enrôle irrémédiablement le reste de la planète dans des considérations égocentriques mettant plutôt à mal le continent en suggérant à sa jeune l’utopie d’un «rêve européen» qui n’a plus pourtant lieu d’être.

Redorer le blason terni

Dans ce registre singulier, les migrations sont devenues une épine pour de nombreux pays africains une fois de plus assujettis au diktat des puissances occidentales qui se refusent à faire appliquer les résolutions du pacte mondial des Nations Unies de Marrakech. Dès lors, la situation des migrants et des réfugiés demeure tout aussi alarmante, tant il est vrai que c’est encore le continent qui en compte le plus grand nombre. Et c’est fort à propos que le continent a développé depuis peu un nationalisme accordant la part belle au populisme qui a sensiblement modifié le climat des relations internationales. En Europe, en Amérique du Nord et du Sud, des partis se réclamant de ces idéologies ont accédé au pouvoir. Pour autant, cela n’a pas contribué à la restauration des grands équilibres géostratégiques au point que la voie du salut pour le continent réside désormais en la réduction de sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Ce qui induit pour nos pays d’accélérer la valorisation de nos matières premières astreintes à des fluctuations de cours alimentées par ces mêmes puissances occidentales tout en développant le secteur industriel pour réduire les importations des biens d’équipement et stimuler les échanges qui demeurent notoirement insuffisants au sein des ensembles régionaux et de prospecter de nouveaux marchés dans le reste du monde. En somme, une refondation économique adossée sur de profondes mutations structurelles. Et c’est en ce sens que la diversification partenariale se veut porteuse de réels espoirs de sortie progressive de notre continent de sa dépendance vis-à-vis des puissances occidentales. Dans la foulée, on ne saurait négliger la coopération intra-africaine en exaltant au mieux le bienfondé de la conciliation qui renvoie à notre vielle palabre africaine.

pascale soppo


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